Je vais t’apprendre la politesse, p’tit c*n
Non, que personne ne se sente visé par ce titre (un peu de nostalgie pour ceux qui comme moi, jadis, adoraient regarder Catherine Frot nous expliquer qu’on ne doit pas dire “Je m’excuse” mais “Excusez-moi” ou “Veuillez m’excuser” sur France 5) que j’ai simplement choisi pour illustrer cette nouvelle rédac du mois sur laquelle je dois plancher avec Laurent, Olivier, Bergere, Bertrand, JvH, Jean-Marc, Lady Iphigenia, Julien, Christophe, Hibiscus, Bluelulie, Anne, Joël, Looange, V à l’ouest, Jo Ann v, William, Catie, Isabelle, Lelynx, Cecfrombelgium, Gally, Froggie, La Nymphette, Julie70, Aurélie N, Gazou, JulieMeunier, BlogBalso, Celine, Vladyk, Hpy, Lydie, Lucile, Guy Cardinal, Optensia, Linda, Denis, Yibus et Julie et dont le sujet est:
Les bonnes manières, le savoir-vivre, la politesse, la bonne éducation
Comme tout bon parents français, mes parents m’ont appris à dire merci et s’il vous/te plaît, à m’excuser lorsque je sors de table et que les convives y sont toujours installer, à toujours mettre le couteau à droite de l’assiette et à me servir des couverts dans l’ordre des plats en commençant par ceux les plus éloignés de l’assiette. Tout ceci m’a été bien utile jusqu’à ce que je commence à voyager et que je me rende compte que ce qui est valable dans l’hexagone ne l’est pas obligatoirement dès que l’on passe les frontières… Le regard effaré du japonais lorsque, attablés à un pub en Irlande, nous avons tous fait tinter nos verres au son d’un “tchin-tchin” m’a bien vite fait comprendre que cette onomatopée n’était pas acceptable au pays du soleil levant.
Ici, on doit jongler avec deux types de politesse: celle des blancs et celle des noirs. D’un côté on mange avec une fourchette et un couteau et assis à une table, de l’autre avec les doigts ou à la grande cuillère (les doigts, pour le riz, c’est pas facile :what: ) et l’assiette sur les genoux. Avec les uns, un simple bonjour suffit tandis qu’avec les autres, le bonjour doit être suivi d’un comment allez-vous, même s’il ne s’agit que de saluer quelqu’un croisé dans la rue. Puisque la gymnastique d’esprit nécessaire à cette différentiation n’est pas une mince affaire, je n’utilise plus que la seconde, quitte à me retrouver face à un visage en forme de point d’interrogation lorsque le comment ça va sort de ma bouche. Imaginez la tête de la caissière du monoprix lorsqu’à mon premier retour en France, j’ai exposé mon plus grand sourire tout en lui disant “Bonjour, comment allez-vous?”. Elle était tellement consternée, qu’elle m’a regardée les yeux ébahis et ne m’a jamais rendu mon bonjour…
La vie de couple avec un homme mi-zoulou mi-xhosa m’a aussi réservé des surprises. D’abord, le s’il vous plaît semblait absent de son vocabulaire… Il a même été jusqu’à me faire croire que ce mot n’existait pas en zoulou. Je dis bien me faire croire, parce qu’entre temps, j’ai quand même posé la question autour de moi et c’est même pas vrai d’abord (Kirikou, si tu me lis, :-x ). Mais comme chez nous on parle anglais, je lui ai expliqué que cela allait de paire avec la langue. Depuis, l’arme s’est retournée contre moi et il ne répond à aucune de mes demandes si elles ne contiennent pas ce petit mot magique.
Ce qui reste le plus difficile ne tient pas tant dans ces petites phrases ou ces éléments protocolaires, mais dans le ton utilisé. Car après tout, plus que ces petites expressions, c’est bien le ton que l’on emploie pour parler qui dicte la conduite de chacun. Et c’est là que tout peut basculer. Quand une demande ne contient pas de s’il te plaît et qu’en plus elle est faite sur un ton direct et affublée d’un impératif, là, ça ne passe pas. Kirikou a donc du apprendre à prendre des pincettes pour obtenir quoi que ce soit de sa dulcinée, c’est-à dire de moi. Il faut dire qu’entre mon regard noir et mes “eh! oh! tu te calmes”, il n’a pas vraiment eu le choix.
Mon rêve? que toutes ces phrases commencent par “ma petite chérie, adorée, que j’aime très fort
“… Mais pour ça, j’ai encore quelques années de boulot devant moi!
Quick et Flupke - Politesse
envoyé par Franc_6








15 mars 2008 à 13:17
‘Ma petite chérie adorée de fille’, ce qui ne tient pas ‘tant’ (et non temps)début du dernier grand paragraphe à la fin de ton article ; à part cela, j’ai bien compris que les méthodes étaient très différentes et devaient être revues fonction de là ou on se trouvait, alors à nous de faire attention…
15 mars 2008 à 17:07
En même temps, si on sent que les formules de politesse sont forcées et trop nombreuses, ça peut faire faux-cul aussi…
15 mars 2008 à 21:40
Peut-être devriez vous envoyer ce sujet de rédaction à notre cher président Sarko. Hum…
Même entre personnes de même culture , que de malentendus au sujet des bonnes manières! Une anecdote pour te montrer à quel point tu as de bons parents:
Une mère s’indigne lors du conseil de classe de son enfant: “Je ne comprends pas que les instituteurs n’apprennent pas aux enfants à dire s’il vous plaît et merci et à ne pas claquer les portes! Moi je n’ai pas pensé à l’apprendre à mon fils. Ses enseignants auraient pû le faire!” (Véridique, je le jure). A méditer…
16 mars 2008 à 15:40
Le ton utiliser fais en effet toute la différence on peut dire un svp qui sous entend c’est un ordre et que ça presse ! Et le même svp peut vouloir dire aller mon amour je t’en prie fais le pour moi… Il faut dire qu’il y a pas de doutes au premier je bronche pas voir je deviens une personne qui “grafigne” :evil: tandis qu’avec le second il me fera plaisir de le faire avec un beau sourire… :P
17 mars 2008 à 14:05
Je suis surprise par le choc de la caissiere de Monoprix, c’est dommage…. Ce n’est pas une question de bonnes manieres, mais de facons de vivre, on ne prend plus le temps de s’interesser aux inconnus qui croisent notre chemin. J’imagine qu’en France, les gens doivent etre choques si un inconnu leur dit bonjour dans la rue. Ici, en Irlande, ca se fait encore de demander comment ca va apres le bonjour, mais ca se perd tout doucement. C’est vraiment dommage!
18 mars 2008 à 7:49
@ Mum: Ca m’apprendra à écrire ma rédac entre 6h et 8h du matin…

@ Laurent: Parfois, je préfère faux-cul à malpoli
@ Estelle: Bah quoi, ça fait pas parti de votre contrat? :what:
@ Vladyk: J’aime bien le mot “grafigne”

@ Em: C’est vrai que l’Irlande est comme un grand village. Au Botswana, on demande aux gens s’ils ont bien dormi. C’est comme une échelle de référence. Mieux on dort, mieux on se sent!