Aéroport OR Tambo (Johannesburg): message d’information

20 mars 2008 |

Depuis quelques temps, les médias sud-africains ont mis en avant l’existence d’un (ou plusieurs) gang sévissant à l’aéroport de Johannesburg (OR Tambo). J’ai un peu hésité avant de relayer cette info mais les démentis du gouvernement m’ont convaincu que l’info valait la peine d’être mise en ligne, car elle est bien réelle (c’est arrivé à des gens qui me sont suffisamment proches pour que j’y crois).

L’opération:

Des individus suivent les passagers (souvent des touristes) jusqu’à leur lieu de séjour et les dérobent de leurs biens à leur arrivée. Certains touristes ont même été victimes de ces pratiques dans le hall de l’hôtel où ils séjournaient.

or-tambo2.jpgLes médias parlent de bandes organisées tandis que le gouvernement nie l’existence de ces bandes. Cependant, plusieurs cas ont été rapportés et la police elle-même avait annoncé l’arrestation de 3 personnes pratiquant ce type de vol, il y a de cela quelques mois.

Certains gouvernements, dont le gouvernement américain (à ma connaissance, le gouvernement français ne l’a pas fait), ont mis en garde les voyageurs à destination de Johannesburg provoquant un démenti de la part du gouvernement sud-africain, craignant sans doute que les touristes n’osent plus se rendre dans leur beau pays.

Cependant, cette pratique existe bel et bien et je vous invite donc à être très attentifs aux voitures qui vous suivent lorsque vous quittez l’aéroport de Johannesburg.

A bon entendeur…

[Slashdot] [Digg] [Reddit] [del.icio.us] [Facebook] [Technorati] [Google] [StumbleUpon]

Violence à Jozi/en Afrique du Sud (en réponse à Céline)

2 février 2008 |

Mardi soir dernier, Céline a laissé deux commentaires sur deux billets de mon ancien blog qui, me semble-t-il, méritent une réponse par billet qui rejoindra la catégorie de la FAQ:

  • Bonsoir, Je viens de découvrir votre blog car je suis à la recherche d’informations, c’est peut-être ce que font la majorité des personnes qui consultent votre site et qui donc n’ont pas spécialement de commentaires à vous faire si ce n’est, et c’est déjà énorme, qu’il y a beaucoup de renseignements utiles. Pour ma part, je suis journaliste et je prépare pour la télévision française, un sujet sur la violence et la criminalité qui règne à Johannesburg mais aussi les solutions qui y sont apportées. J’étais donc en quête de renseignements, et je ne serai pas rentrée en contact avec vous si je n’avais vu que vous vous demandiez pourquoi les internautes ne laissaient pas de commentaires, car j’imagine que le thème traité doit vous déplaire…Bonne continuation, et merci
  • re-bonsoir, Je suis en train de me dire en lisant votre blog, Nanou, que vous auriez peut-être des contacts à me conseiller pour que je puisse filmer les disparités qui existent dans le pays, où apparemment le racisme est fort (plus qu’en France? Mon amoureux est noir et c’est très très dur, en ce moment, grosse déprime) c’est à dire pouvoir filmer dans un township pour expliquer d’où vient cette violence et m’éviter ainsi de faire un film cliché qui survole les problèmes et reste dans le sensationnel…n’hésitez pas à me faire par de vos remarques….

Afin d’écrire certains billets sur ce blog, je me dois de me tenir au courant des dernières nouvelles concernant le pays où je vis et que j’essaye de vous faire découvrir tant bien que mal. Pour être honnête, parmi ces nouvelles glanées de ci de là, beaucoup traitent de la violence et la criminalité en Afrique du Sud, et à Johannesburg en particulier. Oui, tous les jours, la presse écrite (en ligne ou non), les journaux télévisés et radiophoniques relatent des histoires de hijaking, de cambriolages qui tournent mal (les cambriolages simples n’ayant que peu d’intérêt sauf si la victime est Desmond Tutu), de viols ou de disparitions d’enfants.

Le fait de ne pas en parler sur ce blog est un choix que j’assume pleinement, non pas parce que je nie cette douloureuse réalité mais parce que j’estime que:

  1. Ce n’est pas obligatoirement le lieu. Il existe plein de blogs ou sites internets où les sud-africains vont déverser mécontentement et où, malheureusement, on trouve bien souvent des amalgames pseudo-politiques simplistes.
  2. Je n’ai jamais été directement victime d’un crime ou de violence dans ce pays. Je n’estime pas que le vol de mon autoradio constitue un crime ou une violence au sens où la plupart des gens l’entendent. Kirikou a été lui, victime d’une tentative de hijaking à 4h du matin sur une grande artère de Joburg. Il a heureusement eu plus de peur que de mal. En dehors de cette histoire, aucun de nos amis/des membres de sa famille (qu’ils vivent en banlieues nord ou dans les townships) n’ont été touchés directement par de tels actes. De la chance? Peut-être.Toutes les histoires que je pourrais vous rapporter sont des histoires que l’on m’aurait rapportées…
    Et le téléphone arabe, ce n’est pas mon truc.
  3. J’estime qu’il y a tellement de choses à raconter sur l’Afrique du Sud avant de se faire la voix de ces méfaits. C’est un peu ça le but de ce blog: vous donner envie de venir voir de vos propres yeux qu’en dépit de tout ce qu’on raconte, on vit plutôt bien ici.

Je pense aussi que la violence en Afrique du Sud, qu’elle soit raciale ou non, est le résultat de siècles d’oppression et que, lorsqu’on connaît cette histoire, on comprend beaucoup mieux ce qui se passe ici, aujourd’hui. La qualité de l’Afrique du Sud, c’est d’avoir mis ces problèmes raciaux sur la table plutôt que de mener un politique de l’autruche. A mon arrivée, cela m’a choquée. Aujourd’hui, je comprends mieux.

Pour moi, ce qu’on appelle, en anglais, être “colorblind” (ne pas voir les couleurs de peau) est un mythe. Kirikou est noir et je suis blanche. La définition que l’on donne de soi varie en fonction du milieu dans lequel on évolue; on est parfois d’abord un homme/un femme, parfois d’abord jeune/vieux, parfois d’un milieu social ou d’un autre, et parfois on est d’abord blanc ou noir. Et quand on vit dans un pays où la ségrégation a régné pendant des siècles, être blanc ou noir est un élément déterminant.

Quand on a grandi dans un pays en conflit, la violence a fait parti du système. Et quand on était noir en Afrique du Sud, la protection de l’individu variait en fonction de la couleur de peau. Aujourd’hui, ceux qui se sont tus pendant des années car ils savaient qu’à cause de la couleur de leur peau, ils ne seraient pas protégés, parlent, car ils en ont enfin le droit. Les blancs qui eux ont été surprotégés par le système pendant des décennies ont découvert que le crime existe. Leurs banlieues sont désormais ouvertes à tous, même la nuit, et par conséquent, ils se retrouvent à égalité avec leurs congénères noirs, métisses ou indiens. La criminalité en Afrique du Sud ne connaît pas de races, en dépit de ce que peuvent raconter les blancs sud-africains. Les voleurs vont là où est l’argent - et en Afrique du Sud, c’est principalement chez les blancs.

Je pense avoir, si ce n’est répondu à Céline - qui ne m’avait pas vraiment posé de question directe, donné ma position sur ce thème qui est (malheureusement) récurrent quand on parle de l’Afrique du Sud, et encore plus quand on parle de Johannesburg.

Si vous êtes intéressés par ces questions, je vous conseille d’aller faire un tour sur le site du Centre for the Study of Violence and Reconciliation.

 

 

 

 

[Slashdot] [Digg] [Reddit] [del.icio.us] [Facebook] [Technorati] [Google] [StumbleUpon]

FAQ (une fois pour toute!)

17 janvier 2008 |

johannesburg_small1.jpg

Non, je n’ai rien contre les lecteurs qui utilisent mon formulaire de contact pour me poser des questions personnelles. Cependant, ces questions ne sont pas réellement personelles puisqu’en fait elles sont toutes les mêmes. Donc, pour continuer dans la lignée du billet d’hier et ainsi m’éviter d’envoyer des tonnes d’emails constitués d’une seule et même réponse, je vais tâcher de répondre une fois pour toute aux questions qui, semble-t-il, vous taraudent, chers futurs expats/vacanciers/étudiants qui vous demandez si oui ou non Johannesburg est une ville pour vous.

  • Quelle langue faut-il parler?

L’anglais sera bien suffisant! Si, une fois sur place, vous désirez vous adonnez au Zoulou, Sotho ou autre Afrikaans, des écoles de langues se feront un plaisir de vous accueillir et de vous introduire aux fameux Sawubona, Dumela ou Dankie locaux!

En revanche, si vous ne parlez pas anglais, la vie sera difficile et je vous conseille de vous offrir quelques cours avant votre départ ou dès votre arrivée.

  • Où habiter à Johannesburg?

Tout dépend de là où vous travaillez et où vous comptez mettre vos enfants à l’école. La ville de Johannesburg et ses banlieues s’étendent sur 100km d’Ouest en Est et sur 60km du Nord au Sud. Pour vous donner une idée, sachez qu’une autoroute traverse Johannesburg du Nord au Sud et qu’elle bénéficie en plus d’un périphérique autoroutier. Aux heures de pointe, un trajet qui normalement vous prendrait 15 minutes en voiture, vous prendra en fait 45 minutes (sans compté que ceci peut être pire si, comme dernièrement, les feux tombent en panne). Il est donc difficile de vous dire où résider. En Afrique du Sud, les villes sont à l’américaine, on vit en banlieue et non pas en centre-ville!

A titre indicatif:

1- le lycée français Jules Verne (également école primaire et collège) se situe à Morningside.

2- Pour ceux qui viennent en contrat avec des entreprises françaises: sachez que, à mon grand regret, le choix de votre résidence sera principalement défini par votre entreprise. Bien souvent, ces compagnies tendent à penser que des banlieues telles que Sandton ou Bryanston sont les banlieues les plus sécuritaires. En fait, ce sont surtout et avant tout, les banlieues les plus riches et par conséquent, les cibles principales de tout cambrioleur ou voleur de voiture qui se respecte. J’ai entendu plus d’histoires de vol dans ces banlieues que dans les trois où j’ai moi-même vécu. Donc, petit message si un des dirigeants de ces entreprises passaient par ici: vous placez vos employés dans des guets-apens!

Bref, pour décider où habiter à Joburg, munissez vous d’une bonne carte et les meilleures, les vraies cartes complètes sont à obtenir sur ce site: world_link.png mapstudio .

NB:N’achetez pas une carte intitulée “Johannesburg” ou “Johannesburg - city centre” ou “Johannesburg Central”, elles ne vous donneront que le plan du centre ville où vous ne vivrez JAMAIS! Préférez “Gauteng”, “Gauteng Central” ou “Witwatersand” qui couvriront Johannesburg et ses banlieues.

  • La communauté francophone à Johannesburg:

Pour être honnête, je n’évolue pas vraiment parmi les expatriés et, en dehors des gens que j’ai rencontrés via mon blog, je ne connais que peu de français par ici.

Si vous voulez rentrer en contact avec des français, contactez les assos françaises (Joburg Accueil vend un très bon guide sur Johannesburg et Pretoria).

N’hésitez pas à aller à l’Alliance Française de Joburg.

Vous rencontrerez beaucoup de Congolais, Camerounais et autres africains francophones.

N’oubliez pas que les français ne sont pas les seuls à parler français - donc faites attention à ce que vous dîtes!

  • La santé:

La médecine sud-africaine est de bonne qualité (la première greffe de coeur fut le résultat d’une équipe sud-africaine). Préférez les cliniques privées aux hopitaux publics. La Caisse des Français à l’Etranger vient de passer un accord avec le réseau de santé Netcare qui possède de nombreuses cliniques à Johannesburg.

  • Les transports en commun / la voiture:

Pour les plus intrépides, vous apprendrez à chevaucher les taxis locaux (minibus). Les bus ne sont que très peu visibles en dehors des heures de pointe.

Donc, un budget voiture s’impose. Ici, on roule à gauche. L’essence ne se paye qu’en argent liquide (il y a des distributeurs automatiques dans toute les stations services ouvertes 24h/24, 7j/7). Et on n’oublie pas de donner un gentil pourboire (2 à 5 rands) au gentil pompiste qui vous nettoiera au passage votre parebrise et vérifiera vos niveaux d’huile et d’eau sans oublier la pression de vos pneus.

Si il y a des gardes là où vous vous garez, un pourboire de 2,50 à 5 rands sera le bienvenue!

  • Les cafés/restaurants:

Ils ne manquent pas, rassurez-vous! N’oubliez surtout pas d’ajouter un pourboire de 15% au bout de votre addition. Le service n’est pas compris!

  • Les courses:

L’Afrique du Sud n’est pas le Zimbabwe et les rayons des supermarchés sont bien garnis ;-) .

On ne trouve pas vraiment de marchés comme en France, mais n’hésitez pas à vous arrêtez si vous voyez un étal de jolies mangues ou d’avocat sur le bord de la route…

La plupart des supermarchés et boutiques sont ouverts jusqu’à 17h00, la semaine et 18h00 le samedi. Tous sont ouverts au moins le dimanche matin jusqu’à 13h00.

  • La sécurité:

Oui, Johannesburg est une ville dangereuse, comme toutes les grandes capitales du monde. Donc:

- à l’arrivée, on n’attend pas et on va se faire enregistrer au consulat;

- on n’ouvre pas son plan de la ville en pleine rue;

- on ne porte pas son appareil photo en bandoulière;

- on n’évite de porter toute sa boîte à bijoux à son cou, ses doigts ou ses poignets;

- on ne laisse pas traîner son sac à main n’importe où (y compris sur le siège de sa voiture);

- on ne se promène pas avec la moitié de son compte en banque dans son portefeuille;

- on fait une photocopie de son passeport que l’on fait certifier conforme au commissariat de police le plus proche dès son arrivée et on laisse son passeport à la maison, dans un endroit sûr, et la photocopie, on la glisse dans son sac ou son portefeuille;

- on se fie à son instinct!

Il est judicieux d’être attentif mais il ne faut pas tomber dans la paranoïa!!!!

Sachez observer.

En voiture, la nuit, faites attention aux voitures qui vous suivent et regardez aux alentours de votre entrée avant de vous arrêter. En journée, ne vous laissez pas trop distraire par les vendeurs présents aux feux de circulations (il est possible qu’il cherche à vous distraire tandis qu’un autre essaye de voler vos affaires sur le siège passager ou la banquette arrière - ne laissez donc rien en évidence!)

Si vous n’êtes pas sûr que le quartier où vous vous rendez soit un quartier sûr, renseignez-vous. N’oubliez pas qu’un homme averti en vaut deux.

Si vous êtes perdu(e)s, demandez votre chemin aux pompistes dans les stations services ou aux gardes que vous reconnaîtrez à leurs uniformes. Ils seront vos meilleurs alliés dans les dédales joburgiens! Ne vous arrêtez pas n’importe où pour regarder votre carte. Privilégiez les stations services ou les parkings de centres commerciaux pour vos arrêts impromptus.

Evitez d’utiliser votre téléphone portable en pleine rue et préférez la fonction vibreur à la sonnerie qui réveillerait un mort.

Lors du choix de votre lieu de résidence:

- assurez vous que toutes les fenêtres ouvrables soient munies de “burglar bars”. Certes, cela fait un peu prison, mais elles sont nécessaires.

- une clôture électrifiée n’est pas un luxe - assurez-vous qu’elle soit réellement alimentée en électricité!

- si votre grille d’entrée ou votre garage est électrique, assure-vous qu’elle/il puisse être activable manuellement, en cas de coupure d’électricité.

- une alarme de maison n’est pas nécessaire.

- soyez sympas avec les gardes si vous habitez un complexe; ils vous le rendront!

En 4 ans, le pire qui me soit arrivé est de m’être fait voler mon autoradio en pleine nuit sur le parking de mon complex - et je soupçonne que ce soit un méfait commis par quelqu’un de l’intérieur.

Pour être honnête, Kirikou a, lui, échappé à une tentative de hijacking de sa voiture à 4h du matin, en fonçant dans un arbre. Aux grands maux, les grands remèdes!

  • La corruption:

Ne vous faîte pas avoir. Certains policiers, qui ne méritent pas ce titre, tenteront de vous soudoyer pour des raisons fictives et vous menaceront même de vous emmener au poste. Répondez-leur “pas de problème, on y va” et vous verrez qu’ils lâcheront l’affaire bien vite. Ceci n’est bien sûr valable que si vos papiers sont en règle, donc on n’oublie pas son permis de conduire international à la maison, hein?

La seule police susceptible de vous arrêtez pour des raisons routières est appelée MetroPolice. Souvenez-vous en!

Les petits plus à savoir:

  1. Si vous avez lu mon blog et le précédent en détail, vous saurez que les coupures de courant sont un vrai problème dans ce pays. Munissez-vous donc de bougies ou de lampes à gaz dès votre arrivez, histoire de ne pas être pris(es) de court.
  2. Il faut compter 2 semaines pour obtenir une ligne de téléphone fixe.
  3. L’internet est très cher puisqu’il se monnaye en fonction de la bande passante octroyée (3 Gb seront facturés environ 600 rands). Faites une recherche sur Google pour vous familiariser avec les différentes offres de connection (non, il n’y a pas que l’ADSL dans la vie!).
  4. Les baux peuvent varier de 1 mois à 1an renouvelable, ou non. Les préavis sont généralement d’un mois (vérifier votre bail). L’assurance de la maison n’est pas nécessaire pour signer un bail mais je vous la conseille vivement.

Je crois que j’ai fait le tour… Si quelqu’un a quelque chose à rajouter, n’hésitez pas à laisser un commentaire.

Toute remarque considérée comme extrême, tendance paranoïaque, sera immédiatement retirée par l’auteur!

[Slashdot] [Digg] [Reddit] [del.icio.us] [Facebook] [Technorati] [Google] [StumbleUpon]