Violence à Jozi/en Afrique du Sud (en réponse à Céline)
2 février 2008 |Mardi soir dernier, Céline a laissé deux commentaires sur deux billets de mon ancien blog qui, me semble-t-il, méritent une réponse par billet qui rejoindra la catégorie de la FAQ:
- Bonsoir, Je viens de découvrir votre blog car je suis à la recherche d’informations, c’est peut-être ce que font la majorité des personnes qui consultent votre site et qui donc n’ont pas spécialement de commentaires à vous faire si ce n’est, et c’est déjà énorme, qu’il y a beaucoup de renseignements utiles. Pour ma part, je suis journaliste et je prépare pour la télévision française, un sujet sur la violence et la criminalité qui règne à Johannesburg mais aussi les solutions qui y sont apportées. J’étais donc en quête de renseignements, et je ne serai pas rentrée en contact avec vous si je n’avais vu que vous vous demandiez pourquoi les internautes ne laissaient pas de commentaires, car j’imagine que le thème traité doit vous déplaire…Bonne continuation, et merci
- re-bonsoir, Je suis en train de me dire en lisant votre blog, Nanou, que vous auriez peut-être des contacts à me conseiller pour que je puisse filmer les disparités qui existent dans le pays, où apparemment le racisme est fort (plus qu’en France? Mon amoureux est noir et c’est très très dur, en ce moment, grosse déprime) c’est à dire pouvoir filmer dans un township pour expliquer d’où vient cette violence et m’éviter ainsi de faire un film cliché qui survole les problèmes et reste dans le sensationnel…n’hésitez pas à me faire par de vos remarques….

Afin d’écrire certains billets sur ce blog, je me dois de me tenir au courant des dernières nouvelles concernant le pays où je vis et que j’essaye de vous faire découvrir tant bien que mal. Pour être honnête, parmi ces nouvelles glanées de ci de là, beaucoup traitent de la violence et la criminalité en Afrique du Sud, et à Johannesburg en particulier. Oui, tous les jours, la presse écrite (en ligne ou non), les journaux télévisés et radiophoniques relatent des histoires de hijaking, de cambriolages qui tournent mal (les cambriolages simples n’ayant que peu d’intérêt sauf si la victime est Desmond Tutu), de viols ou de disparitions d’enfants.
Le fait de ne pas en parler sur ce blog est un choix que j’assume pleinement, non pas parce que je nie cette douloureuse réalité mais parce que j’estime que:
- Ce n’est pas obligatoirement le lieu. Il existe plein de blogs ou sites internets où les sud-africains vont déverser mécontentement et où, malheureusement, on trouve bien souvent des amalgames pseudo-politiques simplistes.
- Je n’ai jamais été directement victime d’un crime ou de violence dans ce pays. Je n’estime pas que le vol de mon autoradio constitue un crime ou une violence au sens où la plupart des gens l’entendent. Kirikou a été lui, victime d’une tentative de hijaking à 4h du matin sur une grande artère de Joburg. Il a heureusement eu plus de peur que de mal. En dehors de cette histoire, aucun de nos amis/des membres de sa famille (qu’ils vivent en banlieues nord ou dans les townships) n’ont été touchés directement par de tels actes. De la chance? Peut-être.Toutes les histoires que je pourrais vous rapporter sont des histoires que l’on m’aurait rapportées…
Et le téléphone arabe, ce n’est pas mon truc. - J’estime qu’il y a tellement de choses à raconter sur l’Afrique du Sud avant de se faire la voix de ces méfaits. C’est un peu ça le but de ce blog: vous donner envie de venir voir de vos propres yeux qu’en dépit de tout ce qu’on raconte, on vit plutôt bien ici.
Je pense aussi que la violence en Afrique du Sud, qu’elle soit raciale ou non, est le résultat de siècles d’oppression et que, lorsqu’on connaît cette histoire, on comprend beaucoup mieux ce qui se passe ici, aujourd’hui. La qualité de l’Afrique du Sud, c’est d’avoir mis ces problèmes raciaux sur la table plutôt que de mener un politique de l’autruche. A mon arrivée, cela m’a choquée. Aujourd’hui, je comprends mieux.
Pour moi, ce qu’on appelle, en anglais, être “colorblind” (ne pas voir les couleurs de peau) est un mythe. Kirikou est noir et je suis blanche. La définition que l’on donne de soi varie en fonction du milieu dans lequel on évolue; on est parfois d’abord un homme/un femme, parfois d’abord jeune/vieux, parfois d’un milieu social ou d’un autre, et parfois on est d’abord blanc ou noir. Et quand on vit dans un pays où la ségrégation a régné pendant des siècles, être blanc ou noir est un élément déterminant.
Quand on a grandi dans un pays en conflit, la violence a fait parti du système. Et quand on était noir en Afrique du Sud, la protection de l’individu variait en fonction de la couleur de peau. Aujourd’hui, ceux qui se sont tus pendant des années car ils savaient qu’à cause de la couleur de leur peau, ils ne seraient pas protégés, parlent, car ils en ont enfin le droit. Les blancs qui eux ont été surprotégés par le système pendant des décennies ont découvert que le crime existe. Leurs banlieues sont désormais ouvertes à tous, même la nuit, et par conséquent, ils se retrouvent à égalité avec leurs congénères noirs, métisses ou indiens. La criminalité en Afrique du Sud ne connaît pas de races, en dépit de ce que peuvent raconter les blancs sud-africains. Les voleurs vont là où est l’argent - et en Afrique du Sud, c’est principalement chez les blancs.
Je pense avoir, si ce n’est répondu à Céline - qui ne m’avait pas vraiment posé de question directe, donné ma position sur ce thème qui est (malheureusement) récurrent quand on parle de l’Afrique du Sud, et encore plus quand on parle de Johannesburg.
Si vous êtes intéressés par ces questions, je vous conseille d’aller faire un tour sur le site du Centre for the Study of Violence and Reconciliation.








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Merci Marie. Mais, tu sais, ils emportent les meubles avec e...
OUAIIIIIIIIIIIIIII je suis super contente pour vous!!!! Fra...
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Et oui, cela arrive et prend toute la tête .... du rêve on p...